Aperçu de la méthode Vodder de drainage lympatique

 

INTRODUCTION

Le corps humain est constitué à peu près de 60 % d’eau : que ce soit dans ou entre les cellules, dans les vaisseaux sanguins ou les vaisseaux lymphatiques, l’eau est à la base de tout processus biologique. Lorsque nous parlons de « lymphe », nous entendons non seulement le contenu des vaisseaux lymphatiques, mais aussi tous les liquides dans les tissus, ce qui est conforme aux conceptions biologiques exposées dans l’ouvrage d’Alexis CARREL : « l’homme, cet inconnu », ainsi que dans les œuvres du premier lymphologue américain, Cecil Drinker (1927-1956).

Lorsqu’il y a stase d’humeurs cellulaires, par exemple par manque de mouvement, traumatisme, effet du froid, insuffisance veineuse, le métabolisme en souffre. Il se produit, outre l’accumulation d’eau, une accumulation de déchets métaboliques, d’où acidose, douleurs, fibrose, sclérose, etc. et, dans les cas les plus graves, nécrose du tissu. L’accumulation de protéines peut aussi entraîner des allergies. VODDER signale des eczémas liés à des stases chroniques des jambes.

Dans de tels cas de stase, il faut établir un plan de traitement global, dans lequel le massage léger selon VODDER, auquel il a donné le nom de drainage lymphatique (Paris, 1936), joue un rôle important. Vodder compare la partie du corps où il y a stase à une prairie marécageuse, qui ne pourra être tirée de son état qu’à partir du moment où l’on aura créé des fossés de drainage capables de jouer leur rôle, à l’instar des vaisseaux lymphatiques dans un corps humain.

A PROPOS DU DRAINAGE LYMPHATIQUE

Comme le massage classique n’exerce pas d’effet de drainage, une technique spéciale est nécessaire. Les mouvements habituels du massage font passer le sang, par pression, d’un tissu dans l’autre, mais les humeurs plasmatiques régénératrices ne pénètrent pas dans les tissus selon l’effet de leur propre mouvement de flux.

Le mouvement de pompage du drainage lymphatique, qui déplace l’eau, produit une détente calmante des tissus ; la lymphe usée se trouve drainée et le plasma du sang chargé d’oxygène frais et d’autres substances actives peut pénétrer le tissu interstitiel pour le nourrir et le régénérer. On obtient souvent une régénération complète et immédiate, probablement parce que l’action exercée sur les chaînes de ganglions lymphatiques accroît la production et la circulation des lymphocytes et des protéines et nucléines nécessaires à la vie de toutes les cellules.

L’école de Vodder n’utilise que trois mouvements de base, mais ces mouvements sont combinés et modifiés diversement :

  1. Mouvements circulaires avec les quatre doigts à plat.
  2. Mouvements circulaires du pouce.
  3. Mouvements de pompe aspirante avec le creux de la paume et les doigts.

 

DESCRIPTION DES MOUVEMENTS

Les deux premiers mouvements sont comparables à celui d’une roue voilée. Le troisième est un mouvement combiné. L’effet de pompage est obtenu par le mouvement circulaire du pouce d’une part et du reste de la main d’autre part, dans le même sens ou en sens contraire. Le pouce et la main tournent non pas parallèlement, mais obliquement par rapport à la surface de la peau. Au début du mouvement circulaire, la peau est à peine touchée, puis le pouce et la main exercent une pression croissante, le maximum étant atteint au pôle opposé. Lors du retour du pouce et de la main, qui poursuivent le mouvement circulaire jusqu’au point de départ, la pression se relâche tout aussi progressivement. La pression maximale, lors du massage de tissus superficiels, ne doit pas dépasser 20 à 30 mn de mercure, ce qui correspond approximativement à la pression capillaire dans le tissu. Cette forme d’impulsion par pression croissante et décroissante ne provoque pratiquement aucune irritation des éléments neuraux sensibles ; au contraire, les irritations existantes s’en trouvent diminuées. Le traitement a un effet tranquillisant, souvent hypnogène. Les muscles et les tissus se détendent et deviennent mous.

Le rythme « presser-relâcher » doit correspondre à peu près à systole-diastole ; on peut supposer en effet que dans l’organisme vivant, le déplacement des humeurs rencontre le moins de résistance lorsque le mouvement qui leur est imprimé est celui des impulsions du cœur.

Les mouvements de massage doivent se suivre dans le sens de la circulation lymphatique. Lorsqu’il s’agit de la moitié supérieure du corps, on commence toujours par la région préterminale du cou, pour passer ensuite à la région axillaire. Lorsqu’il s’agit de la partie inférieure du corps, on commence par le massage des glandes inguinales. A l’intérieur de chaque région, après avoir vidé les glandes lymphatiques, on videra toujours la partie proximale avant la partie distale et dans chaque partie on travaillera dans le sens de la circulation lymphatique. On parviendra aisément à vider et stimuler les glandes par des mouvements circulaires exercés au moyen de la face interne des doigts tendus. Là aussi, il doit y avoir pression croissante et décroissante. Pour doser correctement l’effet du massage, on aura soin de compter les mouvements effectués : on comptera par exemple chaque fois jusqu’à 5 ou 7 avant de déplacer la main.

VODDER résume la technique dans les termes suivants : « douceur, harmonie, rythme, souplesse, le poignet toujours souple ».

INDICATIONS

1er groupe : Syndromes rhumatismaux.
Neuromyalgies, tendinoses, syndromes vertébraux, géloses et infiltrations, etc.

2ème groupe : Suites d’accidents.
Guérison et cicatrisation des plaies, prévention ou suppression des raideurs, épaississements, contractures, de l’atrophie de Sudeck, des hématomes, des contusions.

3ème groupe : Maladies de la peau.
Ulcères des jambes, indurations, eczémas chroniques, acné chronique, décoloration et cicatrices, enflures, dépôts de graisse, atrophie de la peau ; diathèse lymphatico-exsudative ou lymphatisme.

4ème groupe : Oedèmes.
Migraine, éléphantiasis et séquelles d’affections des muqueuses, sinusite, infections grippales et maladies allergiques. Ces dernières années, des résultats surprenants ont été obtenus dans quelques cas de sclérose en plaques, de paralysie spastique et d’encéphalopathie lymphogène (Földi).

5ème groupe : Régénération générale, notamment en cas de convalescence lente après opérations ou maladies infectieuses ; phénomènes de sénéscence, notamment ostéoporose et troubles circulatoires.

Draînage Lymphatique Manuel : http://www.afpdlm.org/index.php?z=6